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Objectif photographique

Objectif photographique

L'objectif photographique est un système optique convergent formé de plusieurs lentilles, donnant des images réelles sur la surface sensible de l'appareil photographique. Un objectif se caractérise par sa distance focale, son ouverture relative, son angle de champ (définit le format maximum avec lequel il est utilisable).

La quantité de lumière sortant de l'objectif est toujours plus faible que celle entrant dans l'objectif. La qualité d'un objectif se mesure au fait que le taux de lumière entrant demeure le plus proche possible de 100 %, que les couleurs divergent le moins possible sur le plan sensible, que la géométrie des objets photographiés soit respectée.

Une immense variété d'objectifs existe, depuis l'absence d'objectif, remplacé par un trou minuscule (sténopé) jusqu'à l'objectif de très haute qualité comprenant une vingtaine de lentilles, en plusieurs groupes mobiles et incluant souvent maintenant un moteur de mise au point automatique (exploitant l'autofocus de l'appareil).

Les critères de qualité essentiels sont : définition et contraste, transmission lumineuse, absence d'aberration chromatique et géométrique et de vignetage.

Les différents objectifs

Les objectifs à focale fixe

Ce sont les objectifs les plus simples. Leur formule optique comprend généralement 4 à 8 lentilles sauf aux focales extrêmes. Ils sont donc relativement légers et ont un bon rapport qualité/prix.

* Avantage : un objectif à focale fixe donne, à prix comparable, de bien meilleurs résultats qu'un objectif à focale variable.

* Inconvénient : si le preneur de vue souhaite ajuster le cadrage, il doit s'éloigner ou s'approcher du sujet.

Standard

C'est l'objectif de base qui a le meilleur rapport qualité/prix. Il donne une visée de taille normale, en accord avec la vue humaine. Pour un appareil 24 mm × 36 mm dont la diagonale d'image est de 43 mm, l'objectif « normal » le plus courant est celui de 50 mm, mais toutes les focales comprises entre 40 et 58 mm sont considérées comme « normales ».La valeur de 50 mm fut choisie par Oscar Barnack, le créateur du Leica permettant, à l'époque, d'obtenir une meilleure définition que les focales plus courtes.

Grand-angulaire

Un objectif de courte focale (ou objectif grand angle), couvrant un grand angle de champ. Pour les objectifs destinés aux appareils reflex, la formule est celle du téléobjectif inversé ou « rétrofocus » : on a une courte focale et un tirage mécanique suffisant. La distance focale d'un grand-angulaire est de 20 à 35 mm (en 24 × 36).

Exemples pour les appareils 24 × 36 : 35 mm f/2,8 ; 28 mm f/3,5 ; 20 mm f/2,8.

Téléobjectif
Un téléobjectif permet d'obtenir une image plus grande, donnant donc l'impression d'être prise de plus près. Pour cela, sa longueur focale est supérieure au standard. La distance focale d'un téléobjectif est de 85 mm et au-delà (en 24 × 36). Au-dessus d'un rapport 5 (250 mm en 24 × 36) on emploie souvent le terme « super-téléobjectif ».La formule optique des téléobjectifs était généralement assez simple (2 groupes) et s'est compliquée pour diminuer l'encombrement et obtenir une grande ouverture maximale (5 à 7 groupes de lentilles).

Objectif à miroirs ou catadioptriques

Les objectifs de très longue focale (500 mm et plus) sont si longs (30-50 cm) et lourds (plusieurs kg) que l'on doit les monter sur un pied.Une alternative est l'utilisation d'un objectif à miroirs, inspiré par les télescopes de type Schmidt-Cassegrain ou Maksutov-Cassegrain.

* Avantage : Ce type d'objectif permet de diviser la longueur par deux et est beaucoup plus léger, le miroir étant mince et les lentilles arrières sont de faible diamètre.

* Inconvénient : Il ne peut y avoir de diaphragme et l'ouverture est donc fixe (généralement f/8 pour les 500 mm et f/11 pour les 1000 mm). La profondeur de champ est faible et les éléments hors du champ de netteté sont dédoublés (effet « pointilliste »). Le vignettage est important.

Objectif macro

Ces objectifs sont calculés pour donner la meilleure image avec des sujets placés très près (quelques dizaines de millimètres) et donc obtenir de forts grossissements. Le tirage important, permettant une mise au point rapprochée et un rapport de reproduction élevé, est généralement obtenu grâce à une double rampe hélicoïdale de mise au point. Une diminution de la focale intervient généralement de façon simultanée. La mise au point fine est plutôt effectuée en déplaçant l'ensemble appareil - objectif par rapport au sujet une fois le grandissement choisi avec la bague. Les « macros » atteignent couramment le rapport 1:1 (la taille de l'image sur la surface sensible étant alors égale à la taille réelle du sujet) en autorisant une mise au point à courte distance, moyennant un fort allongement de l'objectif. Rappelons cependant que le domaine de la macrophotographie correspond aux situations telles que la taille de l'image formée sur la surface sensible est au moins aussi grande que celle de l'objet. Sans accessoires spéciaux tels que soufflets ou bagues-allonges, les objectifs « macro » atteignant le rapport 1 ne font qu'effleurer le domaine de la macrophotographie mais couvrent en revanche très bien celui de la proxiphotographie, ou photographie rapprochée. À côté de cette utilisation privilégiée, ils peuvent être utilisés pour des sujets plus éloignés, paysages, monuments ou personnages où ils sont souvent aussi efficaces que les objectifs normaux. Une des caractéristiques des objectifs macro est la planéité de mise au point sur tout le champ ce qui les rend aptes à la reproduction de documents.

Les objectifs à focale variable

Ils sont communément nommés zooms.

Exemples : 35-350 f/3,5-5,6 ; 28-400 f/2,8-5,6.

* Avantage : La bague du zoom fait varier la longueur focale, permettant de cadrer le sujet plus serré ou plus large et donc rendre le cadrage plus aisé. En fait il s'agit de modifier artificiellement l'angle de prise de vue tout en restant à la même distance du sujet. Dans les cas où il n'est pas toujours possible de s'approcher du sujet ou de s'en éloigner, c'est un objectif qui offre un grand confort lors de la prise de vue.

* Inconvénient : Pour les objectifs courants, la qualité n'est pas toujours au rendez-vous, les ouvertures sont faibles, et, de ce fait, le risque de flou de bougé est plus important. Il est fort difficile de construire un tel objectif performant à toutes les focales.

Toutefois, les grands progrès faits par les opticiens depuis la fin des années 1990, offrent des zooms de plus en plus performants en termes de piqué, de couverture lumineuse (voir vignetage) et de déformations (voir distorsion en barillet ou en coussinet).

Les objectifs spéciaux

Le fish-eye donne une perspective curviligne, rendant l'image semblable à celle qui est réfléchie par un miroir convexe. Les objectifs fish-eye pour 24 × 36 ont une focale comprise entre 6 et 16 mm. Certains donnent une image couvrant tout le format ; d'autres, une image circulaire inscrite dans le format.

Des objectifs très particuliers

La plupart des objectifs sont conçus pour donner une image de qualité optimale en lumière visible et dans l'air. Il existe des objectifs spéciaux, corrigés pour travailler en ultraviolet (en plus du visible) ou en infra-rouge. Des objectifs donnant une image aux contours très adoucis (objectifs « soft-focus ») utilisés par exemple pour des portraits flatteurs.

Objectifs stabilisés

Certains modèles d'objectifs emploient un système de stabilisation qui atténue l'effet des mouvements de l'appareil sur l'image, lorsque l'appareil est tenu à main levée dans des conditions de lumière faible par rapport à la focale utilisée. En particulier, Canon a mis sur le marché des zoom de 24-105mm, et de 80-200mm f/2.8 stabilisés. L'objectif est muni de gyroscopes entraînés par des moteurs qui mesurent les déviations de l'objectif avec un échantillonnage haut (de l'ordre de 1 000 mesures à la seconde) ; un système intégré fait bouger un groupe de lentilles interne pour compenser le bougé. On gagne ainsi entre 2 et 3 diaphragmes (par exemple, une photographie nette avec un téléobjectif de 200mm demande une vitesse d'au moins 1/250e de secondes ; avec un objectif stabilisé, on obtient un résultat passable à 1/60e, voire 1/30e de secondes). Des systèmes semblables peuvent être intégrés à des appareils numériques bridge, ou au boitier d'un appareil réflex (c'est le parti pris de Minolta).

Ouverture photométrique « T »Elle est la mesure de l'efficacité lumineuse réelle d'un objectif. Toujours inférieure à l'ouverture « mécanique », elle est nettement inférieure avec la plupart des zooms.

Cette valeur, est très rarement indiquée sur les objectifs. C'est sans importance sur l'exposition pour les appareils qui mesurent la lumière à travers l'objectif (notamment les réflex).

RésolutionToujours meilleure au centre que sur les bords, elle s'améliore souvent nettement quand on ferme le diaphragme de quelques crans.

Quand le diaphragme est trop fermé, apparaissent des phénomènes de diffraction qui font chuter la résolution (exemple : fermeture de 16 et plus en 24x36).

Distorsion Elle peut être en barillet ou en coussinet. Elle se mesure en pourcentage, positif pour une déformation en barillet et négatif en coussinet.

Vignetage Tous les objectifs donnent une image dont la périphérie est plus sombre ; il se mesure en différence d'IL (indice de lumination). Ce défaut peut être invisible (inférieur à 0,1 IL), sensible (à partir de 0,3 IL) à gênant (au-delà de 1 IL).

Ce sont les objectifs grand angle et les zooms qui souffrent le plus de ce défaut, surtout ceux à grande ouverture. Il est particulièrement visible dans les photos sur fond uni clair et sur le ciel bleu.

En général le défaut de vignetage s'estompe quand on ferme le diaphragme d'un à deux crans.

Un pare-soleil ou un filtre mal adapté peut également provoquer du vignetage (exemple : un pare-soleil de 50 mm utilisé avec un 35 ou un 28 mm).

 

 

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